La guerre et la paix

Réflexions

8 mai 2018.

Jamais plus la guerre, jamais plus la guerre !

Paul VI à l′ONU le 4 octobre 1965.

« La lucidité — ouverture de l′esprit sur le vrai — ne consiste-t-elle pas à entrevoir la possibilité permanente de la guerre ? » Nos esprits contemporains oscillent entre le devoir moral impératif d′en finir avec la guerre et la nécessité de faire apparaître les conditions qui la promeuvent sans cesse. Sommes-nous simultanément condamnés à refuser le principe de guerre et à accepter les réalités de guerre ? Pourrions-nous ne pas choisir entre les tendances natives de l′être humain à la paix durable et les forces non maîtrisables de l′adversité meurtrière qui les accompagnent ? Entre le Rousseau de la bonté présociale des sujets et le Hobbes de la voracité interhumaine ? Mais les guerres se suivent et ne se ressemblent pas. Si, comme le soutenait Levinas, la Seconde Guerre mondiale fut la première guerre de nature idéologique, visant à écraser l′autre et les autres (Juifs, Tziganes, chrétiens…), il faut encore se demander quelles idéologies les commandent aujourd′hui. La guerre fut totale dès 1914, elle fut totalitaire en 1940. Phénomène né du projet de totalité, elle en décline la violence et en traduit la puissance destructrice. Son danger s′accroît d′autant plus qu′elle se dote de technologies avancées. Reste que la guerre vient en maintes circonstances au titre de la légitime défense.

Les réalités de guerre actuelles ne sauraient démentir la force de de ces vérités premières. Elles témoignent cependant d′importantes mutations qui doivent être enregistrées et analysées alors même qu′elles sont placées sous le regard éthique, confrontées aux paroles de sagesse et, non moins, éclairées des lumières de la spiritualité chrétienne.

Tel est le triple objet du présent document élaboré par un groupe interdisciplinaire de l′Académie catholique de France (diplomatie et géopolitique, stratégie militaire, philosophie, sciences, histoire, théologie).