LE PAPE LÉON XIV EN FRANCE- Accueillir la grâce de sa visite

Plus qu’un moment historique, un événement. Un événement est toujours, comme tel, une surprise. En le cas, une surprise déclinée au pluriel.

Le Saint-Père sait les difficultés de notre pays et les distorsions de certains de ses choix avec les fondamentaux du christianisme. Il les aura affrontés, sans se faire donneur de leçons : rien que le prophète inspiré et inspirant devant leurs conséquences à la vie à la mort : bioéthique, anthropologie, géopolitique, laïcité, violences et pauvretés.

Le Saint-Père sait les préoccupations, entre héritages et prospectives, du catholicisme français, avec ses marges d’incertitudes et ses leviers d’espérance. Il les aura reformulées avec sagesse en relevant ses points d’horizon dans l’alerte bienveillante : soif de Dieu parfois débridée dans des spiritualités sectaires, christianophobie, indifférentisme, crise persistante des vocations, dévouement des disciples de l’ombre, conversions stupéfiantes.

Le Saint-Père aura vu, comme avant-hier en Afrique et en Espagne, de nouvelles générations en équilibre fragile entre les germinations spirituelles des nouveaux baptisés et les défis de l’endurance à l’époque des immédiatetés, entre les ressources de la créativité et les peurs d’un monde global menaçant sur la nature, le travail et les pratiques éducatives.

Le Saint-Père, à l’instar de Jean-Paul II en 1980, aura pressenti dans la Fille aînée de l’Église comme un doute lancinant sur sa pérennité missionnaire et sa puissance émancipatrice. Mais il aura, du charisme de discernement hérité de Pierre, tranché dans la foi sur la seule espérance qui demeure en elle, et qui fait d’elle une combattante blessée, une surprise disponible sur le chemin marial des pèlerinages.

En tout cela, au titre de ses missions propres, l’Académie catholique de France, aura entonné le chant joyeux des Béatitudes, pour que, sur les allées des défis, l’intelligence de la fides et les exigences de la recta ratio atteignent solidairement les cœurs. Qu’ainsi l’Ordre de l’esprit se structure dans l’Ordre de la charité : « Non intratur in veritatem, nisi per caritatem – On n’entre point dans la vérité si ce n’est par la charité » (Saint Augustin).

Père, doyen Philippe CAPELLE-DUMONT- Président de l’Académie catholique de France

Une

Prochains événements

Actualité

L’Académie au Collège des Bernardins