Laïcité et christianisme

 

Paru aux éditions Parole & Silence, 2015

La foi chrétienne ne nous rend pas étrangers à la vie et à la civilisation moderne. Le mystère de l’homme ne s’éclaircit vraiment que dans le mystère du Verbe incarné.L’homme étant un être social, la liberté de religion ne doit pas seulement recevoir une interprétation individuelle; elle comporte nécessairement une composante sociale. Parmi les droits inaliénables de l’homme, il y a donc aussi la liberté qu’il a de se regrouper en une communauté reconnaissant en commun ses principes fondamentaux intellectuels et moraux, pratiquant en public un culte commun et se reconnaissant responsable devant la constitution qui la régit. 

De même, on n’a pas le droit de refuser la participation de tous à la vie publique avec des droits égaux, et l’État doit reconnaître leur engagement en faveur du bien commun. L’État n’a le droit de faire ni du christianisme, ni de l’islam, ni d’aucune autre communauté religieuse, ni non plus de l’agnosticisme ou de l’athéisme sa profession de foi, en n’accordant à ceux qui pensent autrement que le statut d’une minorité tolérée. Il y va d’une façon authentique de traiter chacun de façon égale. S’il favorise les uns, l’État défavorise nécessairement les autres.

 Académie catholique de France, Pierre-Marie Manent, Gerhard Ludwig Müller, Paul Thibaud