Dignité et vocation chrétienne du politique

Paru aux éditions Parole & Silence 2017

En novembre 2015, l’Observatoire Foi et Culture interrogeait le caractère irréversible du désenchantement du politique ; un an après, alors que les échéances électorales suscitent moins les projets que les ambitions, il semble que le constat demeure.
Les questions posées (économie mondialisée, éducation, écologie, mouvements de populations, recherches scientifiques et biomédecine, etc.) débordent les frontières des nations ; ne pouvant se traiter que sur le temps long, elles se heurtent au court-terme qui s’impose à celles et ceux qui briguent ou exercent un mandat électif. Cette tyrannie de l’immédiat, dont on accuse souvent les médias, ne masque-t-elle pas l’impuissance à proposer un grand dessein et l’inconscience des périls que peut créer l’issue des prochaines élections ?
Le christianisme s’inscrit depuis toujours dans des contextes très différents. Il a développé au service du bien commun une réflexion sur les sociétés, les cultures, le politique. La foi chrétienne place la personne et l’espérance au cœur de l’action politique et sociale.

L'homme augmenté conduit-il au transhumanisme ?

Paru aux Editions Parole & Silence, 2016

Le concept d’ « homme augmenté » est ancien : toute technologie peut en effet être vue comme une augmentation de l’homme. Mais « l’accélération exponentielle » de la technologie, l'apparition du domaine « NBIC » (nanotechnologies, biologie, informatique et sciences cognitives), ses progrès spectaculaires, sont à la fois fascinants et inquiétants. Le mouvement transhumaniste propose plus qu’une « simple » augmentation et amélioration des capacités de l’homme : il s’agit d’échapper à la nature et de construire une nouvelle humanité. Pour dépasser les limites du corps – sa faiblesse, sa mortalité – le transhumanisme explore les hypothèses de la création d’un nouveau corps, organique ou inorganique. 
Sommes-nous suffisamment clairvoyants pour nous améliorer nous-mêmes ? La vision transhumaniste est marquée par la performance mesurable et par l’individualisme. Ces critères simplistes de ce qui constitue l’humanité posent tout de suite des questions sur la dimension sociétale de cette évolution, ainsi que sur une conception du bonheur et de la réussite qui réduit l’homme à un automate. 
Il n’est pas facile de trouver les modalités qui peuvent permettre un encadrement normatif du progrès, alors que la science moderne est un processus « distribué » reposant de plus en plus sur un principe d’expérimentation et d’émergence. Cet ouvrage contribue à l’engagement des intellectuels dans le débat sur l’orientation éthique des recherches en vue d’augmenter les capacités des hommes.

Contributions de Jean-Michel BESNIER, Philippe CAPELLE-DUMONT, Yves CASEAU, Jean-Pierre DUPUY, Olivier ÉCHAPPÉ, Thierry MAGNIN, Michel MORANGE, Bruno PINCHARD

Goudji : itinéraire d'une oeuvre

Paru aux Editions Parole & Silence, octobre 2016

Ma première rencontre avec Dieu a lieu quand j’avais treize ans. Pour la première fois de ma vie, je réussis à pénétrer dans une église de Batoumi, en déjouant la vigilance des gardes Komsomols qui en interdisaient l’entrée aux jeunes. Là, j’ai vu une fresque représentant le Christ marchant sur les eaux du lac de Tibériade. Cette vision totalement surréaliste pour le jeune garçon non initié que j’étais, provoque en moi le désir fou et la volonté de comprendre. Pour cela, il fallait acquérir des connaissances que je n’avais pas. Ma soif d’apprendre ne connaît pas de limite. Le Christ marchant sur les eaux  ! Première image, première rencontre. Quelle rencontre étonnante  : débuter son dialogue avec Dieu par un miracle. 

Suivre Dieu, c’est pour un orfèvre mettre son talent au service de la célébration liturgique. Mais comment conjuguer foi et travail  ? Comment obtenir que l’œuvre témoigne de la foi  ? Faut-il une connaissance particulière  ? Une vocation  ? Bien que mon désir de réaliser des objets de culte paraissait invraisemblable en Union soviétique, j’ai eu très jeune la conviction, après mes études aux Beaux-Arts de Tbilissi, qu’il me fallait créer, de mes propres mains, des objets uniques, en aucun cas reproductibles, dans un matériau noble pouvant défier le temps, des objets de beauté, à la gloire de Dieu. Goudji s’inscrit dans la dimension sacrée de l’objet cultuel. L’or qu’il travaille n’est pas celui du veau d’or mais celui que les mages venus d’Orient déposèrent, il y a deux mille ans, aux pieds du nouveau-né de Bethléem. 

« Ce qui me frappe dans l’art de Goudji - et qui m’avait déjà frappé, il y a quelques années, lorsqu’il m’avait montré son projet pour mon épée - c’est le souci qui y apparaît de donner aux objets une dimension en quelque sorte mythique tout en gardant leur signification originelle. Cet art qui vient de loin, de très loin, dans l’espace et le temps, de plus loin encore et du plus profond de la sensibilité de l’artiste, est aussi un art résolument planté dans le monde actuel et qui le reflète. Il rejoint ce point magique où la beauté transfigure le réel sans perdre le contact avec lui. » Félicien Marceau, de l’Académie française
Sous la direction de Bernard Berthod, Nathalie Nabert et Dominique Ponnau

Maurice Blondel et la métaphysique

Paru aux éditions Parole & Silence, 2016

Face au défi du kantisme triomphant, Maurice Blondel mettait en lumière la valeur de la quête métaphysique de l’homme. "Le philosophe d'Aix" est à la fois le penseur du sens de la vie et du « lien substantiel », sources d’inspiration en son temps d’une vision sociale et politique. Il propose en même temps de préciser et de renforcer les articulations entre philosophie et théologie. L’amour-caritas semble être le centre de perspective qui unifie tout le projet blondélien. Ainsi, tandis que l’on observe aujourd’hui en France un renouvellement de l’interrogation métaphysique, et que les études sur Maurice Blondel se poursuivent en dialogue avec des penseurs de son temps et du nôtre, le questionnement sur l’amour « digne de l’être » apparaît comme le foyer qui rassemble ces recherches diverses et ouvre de nouvelles voies pour la philosophie.

Jean-Luc Marion (de l’Académie française), Rémi Brague (de l’Institut ; Académie Catholique de France), Philippe Capelle-Dumont (Académie Catholique de France) ; Jean-François Lavigne (Université de Nice), Philippe Capelle-Dumont (Pdt de l’Académie Catholique de France), Jean-Louis Vieillard-Baron (prof. hon. Univ. Poitiers), Jean Leclercq (prof. Univ. Cath. Louvain-la-Neuve), Peter Henrici (prof. émér. Univ. Grég. Rome ; év. émér. de Coire, CH), Simone D'Agostino (prof. Univ. Grég. Rome), Jean-François Petit (prof. Inst. Cath. Paris), Andrea Bellantone (Doyen Inst. Cath. Toulouse), Maurizio Malaguti (prof. Univ. Bologne), Peter Henrici (Rome ; Coire), Jean-Noël Dumont (Lyon), Emmanuel Tourpe (I.E.T. Bruxelles), Emmanuel Gabellieri (Inst. Cath. Lyon), Miklos Vetö (prof. hon. Univ. Poitiers), Pierre de Cointet (Ass. M. Blondel, prof. Stud. N.D. de Vie), Marie-Jeanne Coutagne (Pdte Ass. M. Blondel, prof. Inst. Cath. Méd., Aix-Marseille), Xavier Manzano (prof. Inst. Cath. Méd., Marseille).

L'art de célébrer la liturgie de Vatican II

Textes réunis par Marie-Jeanne Coutagne et Bernard Maitte

En partenariat avec le Service national de pastorale liturgique et sacramentelle, l'Institut catholique de la Méditerannée, l'Association des Amis de Maurtice Blondel  et l'Institut universitaire Saint-Luc

La constitution Sacrosanctum Concilium. sur la Sainte Liturgie fut la première votée par les pères du concile Vatican II, le 4 décembre 1963.

Au 25e anniversaire, le saint pape Jean-Paul II affirmait: « Ce fut un événement mémorable à plus d’un titre. Il était, en effet, le premier fruit du Concile voulu par Jean XXIII pour l’aggiornamento de l’Église ; il avait été préparé par un large mouvement liturgique et pastoral, il était porteur d’espérance de vie et de renouveau pour l’Église. »  

Et cinquante ans après, qu’en est-il de ce renouveau, de cette espérance ? Il semblait venu le temps non pas d’effectuer un bilan ou un retour en arrière mais bien plutôt d’envisager avec quelle profondeur et quelle maturité, la liturgie pouvait servir la vocation de l’homme, interroger le chercheur, s’adresser au monde d’aujourd’hui, s’ouvrir à de nombreux domaines de la vie, dialoguer avec les différentes voies spirituelles, ou encore combler le mystique.


Philippe Capelle-Dumont : Liturgie et christianisme  
Sophie Gall-Alexeeff : Rencontre avec le père Kim En Joong  
Jacques Rideau : Quelques enjeux théologiques et pastoraux de la Constitution sur la liturgie  
Jean-Noël Dumont : Platon, théâtre et liturgie  
Pierre Dumoulin : Rite romain et rites orientaux œcuménisme et liturgie  
Bernard Maitte : Liturgie et théologie : la liturgie comme lieu et acte théologiques  
Andrea Grillo : Le monde et la liturgie : la pastorale comme clef de lecture du Concile Vatican II 
Denis Coutagne : Art sacré et liturgie Roxana Tenea Teleman : Musique et Liturgie  
Marie-Jeanne Coutagne : Avons-nous oublié Blondel ? 
Christian Salenson :Liturgie- oecuménisme-interreligieux-liberté religieuse  
Xavier Manzano : Liturgie, Église et monde : le mystère célébré selon Vatican II ou la joie de la gratuité


Philosophie & inspiration chrétienne


Paru aux éditions Parole & Silence, 2015

Philosophie chrétienne » ou « Philosophie d’inspiration chrétienne ? La première rapporte certes à la célèbre « querelle » des années 1930 dont les protagonistes principaux furent Emile Bréhier, Etienne Gilson, Jacques Maritain et Maurice Blondel. Cependant, les termes d’une question alors mal posée ne pouvaient que susciter de lourds malentendus et former un héritage contrasté. Celui-ci oblige à reconsidérer les potentialités riches, offertes dès les débuts du christianisme, de la «philosophia christiana». On apprécie alors d’autant mieux, en des temps nouveaux, la place qui revient à l’intelligence proprement chrétienne dans la quête philosophique de vérité et de sagesse. 

Le présent ouvrage - issu des Journées d’étude organisées par l’Académie catholique de France, en partenariat avec l’Association des philosophes chrétiens, l’Association des Amis de Maurice Blondel, l’Association Louis Lavelle et les Archives Michel Henry - tente de ressaisir toute la portée de cette problématique fondamentale : d’une part, selon une perspective historique, en se focalisant sur les types de rapports au « christianisme » qui ont déterminé les grands moments philosophiques de la modernité (Renaissance, Malebranche, Kant, Hegel, Heidegger, Stein, Weil, Henry) ; d’autre part, suivant une perspective systématique, en dessinant les faisceaux de raisons qui donnent, aujourd’hui comme hier, crédit à l’inspiration chrétienne en philosophie.

Jean-Christophe Bardout, Olivier Boulnois, Bernard Bourdin op, Philippe Capelle-Dumont, Marie-Jeanne-Coutagne, Chantal Delsol de l’Institut, Jean- Noël Dumont, Emmanuel Gabellieri, Thierry-Dominique Humbrecht op, Francis Jacques, Claudie Lavaud, Jean-François Lavigne, Jean Leclerc, Jean-Michel Maldame op, Jean-Luc Marion de l’Académie française, Bruno Pinchard, Emmanuel Tourpe, Jean-Louis Vieillard-Baron, Yann Schmitt.

Culture et transcendance

Paru aux éditions Parole & Silence, 2015

La culture est sans doute « le propre de l’homme ». Mais elle est équivoque. D’un côté, elle est mémoire et patrimoine, repères et ressources héritées du passé. De l’autre, elle est une dynamique créatrice. 
La culture en tous ses états doit-elle cependant négliger l’interrogation sur ce qui passe en elle ? Pourrait-elle plus longtemps faire l’économie de l’ouverture à la gratuité, au mystère et à la transcendance ? 

"L’homme passe infiniment l’homme", disait le grand Pascal. La sentence garde sa force de vérité et doit accompagner les exaltantes mais aussi inquiétantes transitions culturelles de notre présent. L’histoire nous l’a appris : la culture peut détruire l’humain. Détruire ou construire : tel est le choix abyssal.

Textes réunis par Dominique Ponnau, Michel Morange et Jean Duchesne 
Philippe Capelle-Dumont – Dominique Ponnau – Mgr Claude Dagens – Rémi Brague – Michel Bon – Gérard Leclerc – Michel Morange – Bernard Saugier – Henry de Lumley – Madeleine Blondel – Dominique Dendraël – Rémy Vallejo – Jean-Noël Dumont.

Laïcité et christianisme

 

Paru aux éditions Parole & Silence, 2015

La foi chrétienne ne nous rend pas étrangers à la vie et à la civilisation moderne. Le mystère de l’homme ne s’éclaircit vraiment que dans le mystère du Verbe incarné.L’homme étant un être social, la liberté de religion ne doit pas seulement recevoir une interprétation individuelle; elle comporte nécessairement une composante sociale. Parmi les droits inaliénables de l’homme, il y a donc aussi la liberté qu’il a de se regrouper en une communauté reconnaissant en commun ses principes fondamentaux intellectuels et moraux, pratiquant en public un culte commun et se reconnaissant responsable devant la constitution qui la régit. 

De même, on n’a pas le droit de refuser la participation de tous à la vie publique avec des droits égaux, et l’État doit reconnaître leur engagement en faveur du bien commun. L’État n’a le droit de faire ni du christianisme, ni de l’islam, ni d’aucune autre communauté religieuse, ni non plus de l’agnosticisme ou de l’athéisme sa profession de foi, en n’accordant à ceux qui pensent autrement que le statut d’une minorité tolérée. Il y va d’une façon authentique de traiter chacun de façon égale. S’il favorise les uns, l’État défavorise nécessairement les autres.

 Académie catholique de France, Pierre-Marie Manent, Gerhard Ludwig Müller, Paul Thibaud

 

Orientaux chrétiens : quelle issue ?

 
  paru aux éditions du Cerf

  Préface du cardinal Jean-Louis Tauran

A l'heure où les chrétiens d'Orient sont menacés d'être rayés de la carte, où la mémoire du christianisme des origines est blessée, où la force d'équilibre essentielle qu'ils représentent dans cette région déchirée par les guerres intestines entre différentes communautés et confessions religieuses vacille, quelle issue politique peut-on envisager ?
Lorsque le pape François alerte le monde sur le non-sens d'un Proche-Orient sans chrétiens, il est urgent d'entendre ce que témoins, experts et hommes d'actions ont à nous dire. Initié par l'Académie catholique de France et soutenu par un large partenariat institutionnel, ce livre donne la parole aux meilleurs spécialistes, géopolitiques, diplomatiques et ecclésiaux.
Plutôt qu'un mémorandum de la situation, un véritable manifeste de survie et de solidarité.

Textes réunis et présentés par Philippe Capelle-Dumont


 

Maurice Clavel - Journaliste transcendantal

 Paru aux éditions Parole & Silence, 2014                                

Maurice Clavel (1920-1979) fut philosophe, écrivain, romancier, homme de théâtre, journaliste, polémiste, personnalité publique et politique en mai 68. Il est ici présenté dans tous ses états : un grand vivant audacieux et chaleureux. Sa vie personnelle bascule quand, après quatre années de dépression, il se convertit au catholicisme, au moment même où l'Eglise est bousculée par le changement de société. Cette conversion soudaine en fait un prophète de l'Esprit : il le sent souffler dans la politique, dans la psychanalyse : il a très peur qu'au concile Vatican II la bien-pensance gauchiste l'emporte sur l'exigence divine. Mais non, justement, Clavel se rend compte qu'il se trompait. L'Eglise concrète n'est pas une communauté ordinaire ; c'est une communion des saints. Ainsi Clavel est pour tous un ami, mais avant tout un témoin du Christ.

Marie Balmery, P.Philippe Capelle-Dumont, François Gachoud, Christian Janebet, Jean-Luc Marion, Jean-Louis Vieillard-Baron.